mercredi 14 avril 2010
Que restera-t-il de notre mémoire photographique ?
Par Anne Rérolle, mercredi 14 avril 2010 à 11:54 :: Général
Le départ à la retraite des photographes salariés d’entreprise ou de collectivités est souvent le point de départ d’une réflexion sur la valorisation d’un travail effectué pendant de nombreuses années et sur la politique « image » de la structure. La mémoire photographique et évènementielle est détenue par une seule personne et, s’il n’a pas été prévu de moyens, humains et techniques, pour transmettre ces connaissances, ce patrimoine sera peu à peu oublié au risque d’effacer les traces d’illustrations de la vie de la structure.
Le passage de l’argentique au numérique a transformé le cadre et le fonctionnement habituels des photothèques. Si les photos récentes sont aujourd’hui toutes numériques, les fonds anciens, souvent, ne sont pas numérisés. Plusieurs raisons à cela : d’ordre budgétaire : coûts de numérisation, de stockage, d’outil de gestion et de ressources humaines pour le traitement documentaire des photos, mais aussi d’ordre politique : archives perçues comme telles sans percevoir le potentiel d’exploitation de la photothèque.
Et pourtant la question est bien là : que va-t-il se passer lorsque le photographe, qui pendant plusieurs années aura fait son travail d’illustration, de mémoire, ou d’observatoire ne sera plus là ? La plupart du temps, il n’y a que lui qui « sait » où trouver la photo recherchée et qui pourra identifier qui est sur la photo ou ce qu’elle représente, quand elle a été prise, où et à quelle occasion ?
Alors ? A l’heure de l’efficacité des moteurs de recherche sur Internet le communiquant de l’entreprise s’attend pourtant à trouver et à pouvoir exploiter facilement cette mémoire précieuse constituée au fil des ans… et plus le temps passe plus le travail de reprise sera fastidieux !